Combattants venus de la Mer
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alfusco :Là où il y a une volonté, il y a un chemin

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looping974

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Major
Major
du site mindef

Le contre-amiral Olivier Coupry est actuellement l’Amiral commandant la Force des Fusiliers Marins et Commandos (Alfusco) à Lorient. Il a auparavant exercé plusieurs commandements à terre comme en mer.

«Le commandant est d’abord celui qui donne du sens à la mission. Pour un commandant, il s’agit de faire comprendre à l’équipage le but à atteindre pour le faire adhérer, quels que soient les risques encourus. Il s’agit également de le mobiliser dans la durée.

Le commandant est le chef d’orchestre qui anime et coordonne les actions individuelles. Nous savons bien comment deux grands maîtres peuvent interpréter différemment la même partition. Il en est de même du commandement. En ce sens, on peut parler d’art du commandement.

À titre personnel, j’ai commandé trois bâtiments, un commando et un groupement international de forces spéciales, sans compter la FORFUSCO.

J’ai eu sous mes ordres entre 15 hommes à bord du patrouilleur de surveillance de site (PSS) Aramis, jusqu’à 500 pour le GFS Tchad en 2008. Chacune de ces unités était particulière, que ce soit sa taille, ses capacités, les missions reçues, l’environnement ou les risques encourus. Je pense avoir progressé à chacune de ces étapes dans ma compréhension des ressorts humains.

«Pour moi, le commandement est une énergie au service de la mission. "Là où il y a une volonté, il y a un chemin"
disait Winston Churchill»

Le commandant est seul responsable de la mission. C’est ce qui lui confère sa légitimité pour faire des choix et pour ordonner. Mais il n’est pas seul pour élaborer cette décision : c’est pourquoi un bon commandant doit parfaitement connaître ses officiers et ses experts afin de les solliciter opportunément.

Commander ne s’apprend pas mais se vit et s’applique au quotidien, disent les anciens. Pourquoi ? Car, l’art du commandement s’acquiert dans la durée. A mon sens, il est la rencontre entre une personnalité et une équipe. Comme le bon vin, il s’affine avec le temps et se raffine avec les expériences, surtout les négatives.

Au quotidien, le commandant doit concilier deux facettes un peu antinomiques de sa fonction. Celle qui le place au-dessus des autres et qui nécessite une certaine sacralisation, car de ses décisions peuvent dépendre la vie ou la mort. En même temps, le commandant est au milieu de son équipage, il devrait être le plus humain d’entre eux, presque le plus ordinaire. Peut-être bien que l’art du commandement est d’être à la fois l’un et l’autre de ces deux personnages.

Pour être plus concret, me revient en tête une anecdote. Juillet 2006, je termine mon temps de commandement du TCD Siroco, engagé en avant de la force Baliste afin d’évacuer les premiers ressortissants du Liban. Je reçois également la mission de ravitailler la Finul en carburant, le camp de l’ONU étant complètement isolé par les combats à Naqourah en bord de mer à la frontière israélienne.

Au fur et à mesure de l’approche de la côte, on distingue les impacts des tirs des chars israéliens, ceux des bombes des chasseurs et les départs de roquettes et de rafales automatiques du Hezbollah. Faut-il y aller, mettre la batellerie à l’eau et procéder aux mouvements de porte à porte de milliers de litres de gazole au cœur même du champ de bataille ?

Même si la situation géopolitique est confuse, je suis arrivé à la certitude que ni Israël ni le Hezbollah n’ont de raison de cibler le Sirocoet ses CTM. Par ailleurs, après deux années d’opérations et de navigation, je sais pouvoir compter sur un équipage aguerri. La confiance entre l’équipage et moi commandant est bonne, et ce dans les deux sens.

Si les risques sont connus et assez bien maîtrisés, qu’il s’agisse de la cinématique, de la sécurité, de la protection balistique ou du poste de combat, des incertitudes pèsent.

Je décide d’y aller. Sous la protection courageuse du Jean Bart, nous débarquerons ainsi des centaines de futs au cours d’une manœuvre de porte à porte qui durera une dizaine d’heures dans un ballet parfaitement rodé où chacun assume avec courage et professionnalisme ses tâches.

Ce jour- là, j’ai commandé»

papa


Capitaine de Corvette
Capitaine de Corvette
merci

REIZZI

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Maistrancier
Maistrancier
C'est beau , tellement vrai , mais bien souvent oublié !

Merci pour le partage de cette leçon de vie !

++

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