Voici ce que j'ai écris pour coucher ma peine à son départ. Sylvie, son épouse, que je lui avais présenté, aurait voulu que je le lise à l'église de Kerentrech; Mais j'en aurai bien été incapable, tant ma gorge était sérrée, comme d'ailleurs celle de nos camarades présents ce jour là.
Spleen pour Phil
Ce jour là le soleil s'est, à jamais, couché,
Et de tes souvenirs, nos pensées sont jonchées.
Nous n'étions, de ta perfection, pas rassasiés,
D'où l'abîme de ta défection à combler.
Un ciel sans étoiles, une nuit noire et sans fin,
Plus de nords aux marins. Il ne nous reste rien!
Seule la réminiscence de ton rire,
Peut m'aider à trouver les mots pour t'écrire.
Toi, tu incarnais la saison idéale,
Où tout fleure bon, la douceur des pétales,
L'été, la brise fraîche sous les frondaisons,
Le calme et la sérénité des floraisons.
La sécurité des jours passés, à venir,
Les trésors que tu déployais pour prévenir,
Ta parfaite harmonie du corps et de l'esprit,
Le fondement de tout ce que tu entrepris.
La quiète tranquillité qui guidait tes pas,
Ne pouvaient me conduire qu'à la révérence.
Même s'il est trop tard, si tu ne m'entends pas,
Je t'aimais, mon Frère, en confidence.
Tu nous manque, Tu manque à la terre entière,
Même si elle ne le sait pas ; qu'elle l'ignore;
Nous seuls te pleurons, sachant cette misère,
D'avoir perdu ta compagnie : la Toison d'or.
Et, si tu m'écoutais, du haut de ton silence,
Donne-moi faveur lorsque mon heure viendra.
Viens me chercher par delà ma désespérance,
Aides moi au passage et l'on se rejoindra.
à mon frère Philippe