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L'Ordre et la Morale

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1 L'Ordre et la Morale le Dim 20 Nov 2011 - 8:05

muru70

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Matelot breveté
Matelot breveté

Je suis allé voir l'Ordre er la Morale, eh bien c'est pas mal fait, on se pose des questions....mais
dans l'ensemble, bon film (j'irai le revoir).

2 Re: L'Ordre et la Morale le Dim 20 Nov 2011 - 8:09

Bruno

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Admin
Merci pour tes appréciations


_________________


Merci de ta visite Invité Wink

Le Troll vous salue bien !
EV du 27/05/69 Mle 056910625 Hourtin, École des Fus cours Fournier BE 137, stage commando, stage para n° Brevet 294243,incorpo à Trépel le 15/01/70 2ème section, PA Arromanches et PA Clemenceau, La Bidassoa et autres fonds plats comme touriste, puis embarquement sur le CDF Cassard le 21/07/71.

3 Re: L'Ordre et la Morale le Dim 20 Nov 2011 - 8:50

muru70

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Matelot breveté
Matelot breveté

Le Cdo Hubert est cité dans le film, il a (dans le film) participé à l'assaut......(on ne saura jamais...)

4 Film mytho le Dim 20 Nov 2011 - 9:15

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Maistrancier
Maistrancier
Film mytho...qui a la prétention d'être une fresque historique alors que ce n'est qu'une pâle fiction basée sur le récit d'un seul et unique individu dont l'ouvrage portait déjà sacrément à caution lors de sa sortie !!
Eu égard au massacre des gendarmes de la brigade de Fayaoué puis de la mort des 2 gars du 11 lors de l'assaut, ce film par une prise de position partisane du réalisateur sur l'interprétation des évènements et de la mise en exergue d'un personnage qui a réécrit l'histoire à son profit, est :

AU MIEUX A BOYCOTTER.........AU PIRE A FUIR !!

5 Re: L'Ordre et la Morale le Dim 20 Nov 2011 - 13:06

looping974

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Major
Major
du point


Âgé de 26 ans en 1988, Bernard Meunier faisait partie de la quinzaine de membres du GIGN envoyés sur place pour libérer les gendarmes pris en otages par des indépendantistes. Lui-même se retrouve otage avec cinq autres camarades et est retenu dans la grotte d'Ouvéa pendant huit jours. Son récit des événements diffère sensiblement de la version livrée par le film de Mathieu Kassovitz, et de celle du capitaine Legorjus, chargé des négociations.

Le Point.fr : Quand la prise d'otages éclate, vous êtes envoyé à l'autre bout du monde pour une mission inhabituelle. Comment se déroulent vos premiers pas sur l'île d'Ouvéa ?

Bernard Meunier : Nous sommes quinze hommes du GIGN fraîchement débarqués. Premier objectif : rechercher la grotte, via Gossanah. Un certain nombre de ravisseurs sont en effet originaires de ce village. Sur place, on interroge la population, mais les gens refusent de nous donner le moindre renseignement. Le troisième jour pourtant, un des vieux du village vient nous trouver : "On va vous emmener sur place, on fera coutume avec eux, et vous essaierez de leur parler. Il faudra de toute façon aller sur le terrain de la négociation." Eux aussi en avaient marre de cette histoire, des perturbations qu'elle occasionnait dans leur vie.

Vous vous mettez alors en marche dans la jungle pour entrer en contact avec les preneurs d'otages. Et au bout de plusieurs heures vous repérez leur planque. Comment êtes-vous accueillis ?

Par des coups de feu. Nous sommes en effet vite repérés par les gardes, qui blessent un des nôtres. Nous nous replions et décidons de revenir le lendemain, mieux équipés. Très vite nous sommes rejoints par Jean Bianconi, le substitut du procureur. Il a pu fixer un rendez-vous un peu plus tôt avec Dianou [le chef des preneurs d'otages, NDLR] par radio. Déterminé, il part à sa rencontre. Spontanément, le capitaine Legorjus court le rejoindre. Pendant deux heures, nous n'avons aucun contact avec eux, quand soudain on entend hurler. Samy, un gendarme mélanésien, nous rejoint et nous explique la situation : "Legorjus a dit qu'il était accompagné de six hommes. Les ravisseurs veulent voir six armes. En cas de refus, le militaire que vous avez entendu crier sera exécuté, suivi d'autres."

Que décidez-vous de faire ?

Nous possédions chacun trois armes : six sont rendues inutilisables et données à Samy, qui fait la navette. Puis les otages volontaires, dont je fais partie, s'avancent un par un à la rencontre des gardes kanaks. Sur place, je découvre un paravent rocheux sous lequel s'abritent une vingtaine de gendarmes mobiles. J'aperçois le magistrat Bianconi, Legorjus. Comme eux, nous sommes rapidement ligotés, pieds et mains liés, après avoir été mis à nu et fouillés.

Pendant ce temps, que font vos collègues restés en arrière ?

Pour éviter que les indépendantistes ne découvrent combien nous sommes réellement, ils décident de reculer. Mais dans le feu de l'action, un sac à dos est laissé sur place, inévitablement retrouvé par les Kanaks. À l'intérieur, ces derniers découvrent des combinaisons d'intervention GIGN, avec l'écusson bien visible. Là-dessus les ravisseurs comprennent à qui ils ont réellement à faire. On nous menotte deux par deux et on nous fait descendre dans le trou. Nous sommes ainsi séparés des autres gendarmes et subissons alors des conditions de vie encore plus difficiles. Dans la nuit, Legorjus parvient à se faire libérer pour initier les pourparlers avec le gouvernement français. À ma connaissance, et contrairement à ce que montre le film de Kassovitz, il n'est jamais revenu à la grotte. En revanche Bianconi, lui aussi libéré, avait imposé de pouvoir nous visiter tous les jours.

Et les jours passent...

Et Bianconi tient promesse. Il apporte quotidiennement à boire, des informations, et prend la "température locale". Il voit notre état de santé se détériorer, faute de nourriture. On perdait un kilo par jour. La détresse morale se faisait sentir aussi : régulièrement Dianou et ses hommes descendaient nous faire des sermons politico-mystiques, exerçant des simulacres d'exécution... On voyait par leurs propos irrationnels qu'ils iraient jusqu'au bout, prêts à mourir les armes à la main si Mitterrand ne venait pas en personne signer leur indépendance ! Une version confirmée par le rapport de la Ligue des droits de l'homme. Informées, les autorités comprennent que seul un assaut permettra de dénouer la situation. Bianconi nous apprend qu'une intervention est programmée pour le lendemain. La veille de l'opération, il réussit à nous faire passer deux pistolets, dissimulés entre ses jambes ! Ces armes permettront de sauver l'ensemble des otages.

Le Jour J arrive, comment se déroule l'attaque ?

Avant l'attaque, on essaye d'avertir les gendarmes de ce qui se prépare. Tâche difficile, car plusieurs sont atteints du syndrome de Stockholm. Prétextant une météo très agitée, nous tentons alors de les convaincre de dormir dans la grotte, afin de les "mettre à l'abri". La majorité nous écoute. Quand finalement l'assaut est lancé, nous ne voyons rien mais entendons tout de l'affrontement, qui durera de 8 heures à 13 heures. À deux reprises, les Kanaks nous canardent au fond de la grotte, nous obligeant à répliquer pour nous défendre. Pendant ce temps, les militaires progressent et finissent par arriver à l'entrée de la cavité. Ne sachant pas exactement qui se trouve à l'intérieur, et ne voulant pas apparaître comme des cibles faciles, le GIGN balance du gaz lacrymogène pour faire sortir tout le monde. Les Kanaks se retirent les armes à la main, puis l'on entend une voix venant du fond de la grotte, qui nous dit de venir. Nous comprenons qu'il y a une autre issue où nous attendent nos collègues. Les GIGN otages organisent l'évacuation des gendarmes. En début d'après-midi, nous sommes évacués sur St-Joseph.

"L'ordre et la morale" dénonce des exécutions sommaires commises par les militaires ? Qu'en est-il ?

Ce sont des rumeurs qui ont commencé à circuler par la suite, jamais prouvées. Kassovitz prétend avoir enquêté pendant dix ans sur cette affaire afin de tourner un film documentaire, presque historique. Il dit avoir rencontré des militaires, mais selon moi, il n'a parlé qu'à Legorjus. En relisant les procès-verbaux d'époque, on voit bien que le capitaine récuse ces accusations et les qualifie de "pur fantasme". Pourtant, 23 ans après, il change sa version. Peut-être une façon d'apaiser sa conscience ?

D'autres incohérences apparaissent selon vous dans ce long-métrage ?

Il y aurait beaucoup à dire. Par exemple, sur cette thèse qui voudrait que lors de l'occupation de la gendarmerie de Fayaoué, l'intention des indépendantistes était pacifique. Ils sont venus à 35, armés, dans une garnison où la plupart des hommes ne l'étaient pas. Ils ont profité de leurs bonnes relations avec eux pour les tromper, puis les tuer et les finir à l'arme blanche !

Le capitaine Legorjus est au centre de l'intrigue. Comment le perceviez-vous ?

Legorjus est présenté comme une sorte de héros, alors qu'il enchaîne les ratés dans cette histoire. Il a donné aux ravisseurs des otages supplémentaires, et s'est livré lui-même ! On ne peut pas commander, négocier, et être otage en plus ! Legorjus prétend par ailleurs qu'il était sur le point d'aboutir à un compromis en faisant venir une équipe de journalistes pour l'interviewer. Cela aurait juste contribué à grossir les rangs des otages... Jean Bianconi, lui, passe presque pour un idiot. Alors que s'il y a un héros dans cette histoire, c'est bien lui.

6 Re: L'Ordre et la Morale le Dim 20 Nov 2011 - 16:10

muru70

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Matelot breveté
Matelot breveté

Bon, merci pour vos "éclairages"....

7 Re: L'Ordre et la Morale le Dim 20 Nov 2011 - 20:21

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Maistrancier
Maistrancier
muru70 a écrit:
Le Cdo Hubert est cité dans le film, il a (dans le film) participé à l'assaut......(on ne saura jamais...)


Tiens muru...
Si cela peux répondre à quelques unes de tes questions..
C'est un peu long, mais tellement instructif !!
Bonne lecture


SOURCE : http://www.server44.net/c22a/fayaoue/Art8502.html


Assaut d'Ouvéa ;
L'Adjudant-Chef Michel Lefevre précise...


Legorjus dit-il la vérité ?


Mes lectures de la très vieille "affaire" d'Ouvéa me laissèrent une image ambiguë, où je distinguais pour ma part, les linéaments de l'opportunisme politicien mêlés d'une évidente erreur d'aiguillage professionnel. En effet quand un journaliste de l'Express lui demandait très logiquement, en 1990, ce qu'il était allé foutre au GIGN alors qu'il tenait, à qui voulait bien l'entendre, des propos qui eussent ému d'une Enfant de Marie frais émoulue du couvent, mais qui stupéfiaient d'un militaire - Et de quelle arme en plus!
"Rien ne vaut la mort d'un homme" (Sic), on aurait pu aussi bien demander à Legorjus ce qu'il espérait en retour de sa conduite aberrante, mais manifestement calculée, au cours d'un drame civique qui occupa depuis l'autre bout du monde l'actualité pré-électorale et métropolitaine de 1988.
Legorjus, que ses vaillants pairs de l'époque tiennent aujourd'hui en très distante mémoire, sinon dans un parfait mépris (Pour info : Un homme dont je m'honore d'être l'ami et qui y fut grièvement blessé, l'aura vu se cacher derrière un arbre lors de la première attaque de la grotte! - Quand eut lieu le deuxième et définitif assaut, il avait carrément fui à Nouméa !)...
Legorjus revient donc aujourd'hui, après un quart de siècle, dire des choses.
Des choses que l'Historiographie militaire range d'ordinaire, certainement pas au rayon de l'Oubli - nous y avons perdu 6 soldats et sous-officiers, mais à ce registre que l’on va nommer de ce terme fréquent chez Jean d'Ormesson, pour ce qu'il est métonymique et recouvre de larges significations: le rayon de la Nécessité.
Pour parler clair: Vingt-cinq ans plus tard, incités par un film sur le sujet (Ô, hypothèses!) quelques tordus bizarrement qualifiés de journalistes et ce Legorjus remettent sur le tapis une "affaire" appelée à être à son origine de simple police, mais qui, pour des raisons diverses, dont la manipulation depuis l'Etranger d'un ramassis d'ilotes menés par un aliéné, a tourné à la complexité puis au drame. Le rétablissement efficace de l'ordre dans ce genre de circonstances "nécessite" donc souvent une rigueur proportionnée aux causes, facteurs et effets du désordre. Point!
On rajoutera éventuellement que lorsqu'un homme de troupe, voire un cadre militaire apprend que l'adversaire auquel il est en butte, vient d'assassiner froidement plusieurs de ses "compatriotes", il n'est pas impossible que dans un moment d'égarement exceptionnel, fût-il un soldat d'élite, ce dernier ait eu la gâchette facile, voire "excessive"... Et il en était ainsi du temps des sabres que le sabreur fût à l'occasion "expéditif"... C'est là, je le répète, une "nécessité" diachronique, une constante humaine qui accompagne fatalement les violences de la guerre ou les insurrections de tous ordres.
Bref : Que cherchent donc à cette heure un Legorjus et ses acolytes passéistes dans cette fouille incongrue du grenier de l'Histoire?
Aujourd'hui que les protagonistes de cette tragédie néo-calédonienne se sont réconciliés à la faveur d'une cérémonie coutumière sur les lieux mêmes du drame, la satisfaisante stabilité sociale qui règne en Nouvelle-Calédonie ne leur convient-elle pas?



haut de page







Témoignage


Michel Lefèvre a fait partie du GIGN de 1981 à 1993 en tant que sous-officier. Malgré la soixantaine, il continue à s'entraîner à Satory multipliant les titres internationaux de champion de force athlétique. II nous reçoit avec sympathie et humilité chez lui mercredi 25 mai 2011 pour nous faire partager son histoire au Groupe dont le moment le plus marquant est la prise d'otages à Ouvéa en 1988 au cours de laquelle il était chef du groupe d'assaut.
Avant d'évoquer Ouvéa, il y a d'autres souvenirs qui t'ont marqué car tu as été blessé deux fois en intervention?
Oui, un forcené m'avait blessé à la main avec une balle de brenneke en 1982. C' était un ancien harki tireur d'élite à l'armée et particulièrement déterminé. Deux chiens du Groupe y ont laissé la vie en tentant de le maîtriser.
Puis, en 1984, lors d' une intervention sur un autre forcené, j'ai reçu des éclats d'un tir alors que l'on était positionné devant la porte de son appartement. La balle est passée entre mon bras et ma hanche, j'ai eu une chance extraordinaire.

Ouvéa est une opération qui t'a véritablement marqué comme tous tes camarades du GIGN, peux-tu revenir brièvement sur les faits du début de la prise d'otages?
Le 22 avril 1988, des indépendantistes kanaks se sont rendus à la gendarmerie de Fayaoué sur l'île d'Ouvéa et ont tué quatre gendarmes. Vingt sept gendarmes sont pris en otages. Divisés en deux groupes, seize gendarmes sont emmenés dans le nord-est de l'Île et les autres emmenés dans le sud, sont relâchés trois jours plus tard. Le chef des preneurs d'otages est Alphonse Dianou. Le général VIDAL prend la direction des opérations pour libérer les otages. Le capitaine Legorjus, chef du GIGN, est envoyé sur place avec le détachement de l' unité.

On ne va pas revenir sur les négociations qui ont échoué, comment l'action de libération des otages s'est présentée?
Les gendarmes de l'EPIGN avaient préparé un itinéraire à l'écart des villages pour nous guider jusqu'à la zone de la grotte. On a marché de 22h à 5h du matin en étant les plus silencieux possible. Il ne fallait surtout pas se faire repérer. On avançait comme des escargots et au moindre bruit c'était: «chut!!» . On s'était reposé une heure après avoir atteint la zone de la grotte qui était à environ deux cents mètres. Mais on ne savait pas vraiment où était son entrée à travers l'épaisseur de la jungle. A 6h, le 5 mai ce fut très dur , il faisait beau et les oiseaux chantaient. Le décor était paradisiaque. Mais la dure réalité était bien présente devant nous. On s'est préparé et positionné pour avancer avec une formation en L au plus près de l'entrée pour lancer l'assaut qui s'était déroulé en deux temps, en raison des circonstances.
Pour le premier assaut quelques membres du commando Hubert étaient avec nous pour cette approche et le capitaine Legorjus nous accompagnait pour être sûr de pas rater la grotte. Je dirigeais l'équipe d'assaut composée de 6 gars bien déterminés qui devaient entrer par surprise dans la grotte et le lieutenant Thimoté commandait l'équipe d'appui . Mais comme cette approche s'était mal déroulée, notre assaut n'avait pas pu être réalisé. Il a fallu tout remettre en question.

Tu l'as vécu comment ce premier assaut?
Très mal car deux garçons du 11ème choc étaient abattus, le soldat Verron que j'ai vu mourir devant moi une balle en pleine tête et l'adjudant Pedraza qui plaçait ses soldats sur le terrain.
Beaucoup de blessés également ,le lieutenant Thimoté qui a eu beaucoup de chance car la balle lui avait éraflé le cuir chevelu sur une dizaine de centimètres et le gendarme Grivel qui a pris une balle dans l'épaule. Beaucoup de morts et de blessés également chez les kanaks mais je n'étais pas au courant de ce qui c'était passé, car la cuvette était très grande et les attaques pour occuper le terrain ont été multiples et distantes. J'étais cloué au sol avec mon équipe d'assaut et j'avais vite compris qu'il fallait tout stopper car nous étions très mal placés et ça tirait de partout.
A ce moment là , j'ai entendu le Capitaine Legorjus qui était resté en arrière crier: “Avancez! A droite! L'entrée est à droite !”
En effet, le Capitaine Legorjus prenant prétexte des liens particuliers qui s'étaient noués entre lui et les kanaks n'a pas voulu, ni diriger, ni participer à cet assaut.
Je pense qu'il y avait des tensions entre le Général VIDAL qui avait reçu l'ordre de monter à l'assaut pour libérer les otages et le Capitaine Legorjus qui doutait de l'issue positive d'une telle décision.
Après cette précision, je reviens dans le déroulement de l'action. Je savais bien qu'on avait atteint la grotte. Malgré l'ordre de mon chef (Legorjus) d'avancer, j'avais ordonné à l'équipe de ne pas bouger, car je ne voulais pas voir mes camarades tomber pour rien, si ce n'était que pour voir l'entrée de la grotte. Mon objectif ne pouvait plus être atteint car l'effet de surprise n'avait pas fonctionné (approche des hélicoptères suivie de tirs de la part des kanaks).
Je vois encore la tête des guerriers que je commandais qui n'avaient pas l' habitude d'être ainsi arrêtés et de voir un sous officier désobéir aux ordres de son chef. Bien m'en avait pris, puisque l'équipe d'appui commandée par le jeune officier Thimoté s'était avancée conformément aux ordres et subissait le feu des adversaires qui a fait deux blessés graves.
De plus deux soldats du 11ème choc tombèrent touchés mortellement en nous passant devant. J'avais donc choisi la bonne option et je leur ai demandé de se replier en arrière de la grotte.
Et c'était le bon endroit à l'abri des tirs, mais pas forcément pour les odeurs , car nous étions allongés à l'endroit de leurs toilettes sauvages.

Et qu'en est-il de tes collègues du GIGN pendant ce temps-là?
Le moral était au plus bas, car tous nos espoirs tombaient à l'eau. Et nos pensées allaient bien sûr vers les collègues toujours au fond de la grotte . Eux qui croyaient si fort dans notre intervention ; qu'allaient-ils penser?
On était tellement content de pouvoir enfin intervenir, car on se sentait coupable d'avoir dû abandonner nos positions une semaine avant, quand six gendarmes du GIGN ont du se rendre. En effet, quand le premier substitut Bianconi s'est avancé pour négocier, le Capitaine Legorjus l'a suivi et on a eu deux otages de plus. Et on a entendu crier le Capitaine qui voulait que 6 gendarmes du GIGN se rendent, sinon Dianou exécuterait un otage.
Le Capitaine Picon, placé devant, demandait aux gendarmes qui étaient à ses cotés, de se
rendre. Après avoir déréglé leurs armes, ils s'exécutèrent: quel courage pour faire ce geste!
Quand au reste du groupe, il fallait se replier et très vite pour ne pas rajouter d'autres otages, car les kanaks commençaient à avancer pour vérifier sur le terrain.
Avait-on le choix? Qu'aurions nous pu faire? La situation était dramatique. Nous avions été obligés de nous replier et de les abandonner à leur sort et un sentiment de désarroi et d 'impuissance s'était installé en nous. Il fallait se reconstruire un moral et non pas
porter notre croix, comme on avait pu l'entendre. Ces bruits avaient provoqué beaucoup de peine et de colère chez nous. Nous n'étions pas des lâches et on l'a prouvé après en mettant toute notre volonté et notre force dans l'action finale. Nous étions prêts à laisser notre vie pour nos camarades otages Nous le faisions bien pour des inconnus dans le cadre de nos interventions au GIGN. Regardez à Marignane tous les blessés dans nos rangs. En rentrant dans cette unité ça fait parti du contrat
Que t' a dit le Général Vidal?
De ma base de repli peu agréable, j'ai appris par radio que le général VIDAL demandait à
voir le chef Michel. Je suis parti à travers la brousse et je l'ai rejoint sur le bord du cratère. « Voilà vous allez diriger l'assaut final sur la grotte chef Michel!». J'ai compris que le Général était très inquiet pour le sort des otages: «Les otages sont toujours au fond du trou, deux morts de plus chez nous et beaucoup de blessés» .
J'avais compris que l'instant était grave et j'ai ressenti le poids des responsabilités qui me tombait sur les reins qui sont solides c'est vrai, mais quand même !
J'étais surpris d'être le seul à qui il pouvait s'adresser. Le lt Thimoté étant blessé grièvement, j'étais le seul spécialiste en tant que chef de groupe qui lui restait étant donné que notre patron espérait encore par la négociation et de toute façon, il n'était plus là. Tout en étant conscient des responsabilités, je ne pouvais pas refuser (Qu'auraient pensé mes camarades otages?), car la volonté d'en finir du gouvernement était là et je ne pouvais imaginer un seul instant laisser cette mission à d'autres personnes moins qualifiées que nous. Donc, j'ai répondu affirmativement au Général mais en lui disant que j'organisais l'assaut en y insérant mes choix, si je les trouvais meilleurs. J'avais une certaine habitude des opérations et là je n'avais pas le droit à l'erreur. J'étais dans une situation paradoxale, car j'intervenais sans l'accord de mon supérieur hiérarchique direct que je ne pouvais pas contacter. M'aurait il couvert en cas d'échec?
Il y avait des points où je n'étais pas d'accord, notamment sur la base de l'assaut qu'il entrevoyait de trop loin. Je ne voulais pas non plus déstabiliser les 7 derniers gendarmes du GlGN qui me restaient (2 blessés au premier assaut) et j'ai choisi de prendre 2 gars du commando Hubert, tireurs d'élites, pour neutraliser le canaque qui tenait les deux gendarmes comme boucliers humains et 2 autres en couverture.

Et Legorjus ?
J'ai entendu de tout. D'après lui, il était parti négocier une nouvelle fois. Pour le Général Vidal qui lui avait demandé de rediscuter avec Dianou pour le raisonner, il était parti se changer à Saint Joseph pour se mettre en civil.
En effet, il ne voulait pas se présenter en militaire devant Dianou. Et moi, il m'a dit qu'il était sur le terrain et avoir dirigé le tir commandé du commando Hubert. J' ai appris plus tard, que c'était le Général Vidal lui même qui l'avait fait et il le dit d'ailleurs dans son livre. Vous comprendrez que j'en perds encore mon latin!
Toi pendant ce temps-là, tu prépares l'assaut avec les hommes du GIGN et du commando Hubert.
Oui, j'avais rassemblé tout le monde et ça n'avait pas été facile. L'équipe d'appui était toujours sur les abords de la grotte et j'ai été les chercher. Avec ce qu'ils venaient de subir, je dois dire qu'ils étaient encore choqués. Ils venaient quand même de récupérer leur officier et le gendarme Grivel sous le feu. Il fallait les évacuer en urgence car les blessures étaient graves.
En les récupérant, je leur ai dit qu'on allait donner l'assaut final sur la grotte, mais sans
précision et j'ai compris dans leur regard que ça allait être très dur. Je devais attendre qu'on soit tous réunis et que je trouve les bons mots et surtout que je leur présente la bonne stratégie pour qu'ils retrouvent de l'énergie et de l'espoir.
Pendant ce déplacement en rampant, j'avais perdu mon chargeur (anecdote!) que j'ai été rechercher car je ne voulais pas être à cours de munitions en cas de mauvaises rencontres. Une fois tous rassemblés j'ai dit: «L'assaut final a été décidé en haut lieu et le Général m' a demandé de le conduire. C'est le moment pour nous GlGN tous ensemble de sortir nos camarades de cet enfer, ils ont assez souffert! C' est notre travail et ils nous attendent».
Si on a été obligé de se retirer, c'est le moment de faire taire ces mauvais propos tenus envers nous.
Je pense avoir trouvé les bonnes paroles, car j'ai compris que j'allais pouvoir compter sur
eux. J'ai demandé 2 tireurs au commando Hubert et le reste en appui. Je leur ai précisé que si parmi eux il y avait des volontaires pour monter à l'assaut que je les prenais volontiers, car on était pas très nombreux. Je les ai balayés du regard et j'ai compris que je leur en demandais un peu trop . Sauf pour François qui levait la main en disant je vous suis. Comme il travaille en binôme, le deuxième qui venait de frôler la mort sur le terrain faisait une drôle de tête. En effet, je l'ai vu se décaler pour tirer deux fois du même endroit. Je lui ai fait signe qu'il fallait
qu'il se replie. Au moment même où il se retournait pour changer de place , il recevait la balle dans le sac qui est apparu dans l'axe de tir du canaque placé en contre bas. Il revenait de loin.
Sinon pour descendre dans la grotte il me fallait des cordes. C'est une mission que j'ai confié au magasinier avec un autre gars qui se sont égarés sur le chemin du retour et je peux les comprendre. Mais lorsqu'ils sont arrivés sur une plage, ils ont été astucieux car ils ont fait un SOS avec des morceaux de bois pour être récupérés par un puma de l'armée.
Combien étiez-vous?
On était environ une bonne vingtaine à monter à l'assaut , mais avec des missions différentes. Le 11ème choc était là pour sa puissance de feu et nous permettre d'atteindre la grotte sans encombre, car il ne restait que 7 gendarmes du GIGN . Aux abords de l'entrée, ils s'écartèrent pour nous laisser la partie spécifique et là on reprenait nos armes de poing. Je rends hommage à ces soldats du 11ème choc qui ont été très courageux et qui ont quand même perdu deux des leurs dans cette opération. Ils ont, je pense, été un peu oubliés.

Tu aurais apprécié être plus nombreux?
Oui, surtout qu'une équipe du GIGN était restée bloquée à l'aéroport de Tontouta près de Nouméa. Ils étaient fous de rage et je ne comprends toujours pas pourquoi ils étaient restés là-bas. Roland Montins qui a dirigé en tant que chef de groupe l'assaut sur la prise d'otages à Marignane était dans cette équipe.

Il ne faut pas oublier un fait important auparavant: les otages avaient reçus des armes de l'extérieur.
Oui, car comme il était évident que les négociations entre les kanaks et Legorjus n'aboutiraient pas, la protection des otages pendant l'assaut était devenue inéluctable. Je savais, comme tous les membres du groupe, qu'après un entretien avec Legorjus, Bianconi, après y avoir longuement réfléchi acceptait dans un premier temps de faire passer une montre et des clés aux otages qui étaient attachés par deux au fond de la grotte dans le noir. La première tentative n'était pas la bonne car les clés ne correspondaient pas aux menottes.
Les otages avaient été dépouillés de tous leurs effets personnels et de leurs chaussures. Puis un seconde fois, la veille de l'assaut qui a été repoussé d'une journée, il a fait parvenir deux petits pistolets. Ces armes lui avaient été placés à l'intérieur des cuisses avec du sparadrap.
On doit beaucoup à cet homme qui a été d'un courage surprenant et exemplaire .Et si notre action a été possible on peut encore lui dire merci, car sans ces armes, nous n'aurions pas pu intervenir de l'extérieur, elles ont permis aux otages de ne pas être pris en bouclier humain devant l'entrée au moment de l'assaut.
Je précise que le premier substitut Bianconi a donné sa parole à Alphonse Dianou de revenir se constituer prisonnier. Dès le lendemain de sa retenue, il sortait avec un kanak pris de malaises. Il avait pris l'habitude de se rendre au PC du Général, où il donnait des nouvelles des otages et d'où il ramenait des médicaments et de la nourriture pour les otages et les kanaks.
Jusqu'au bout, Bianconi aura tenu sa parole, y compris la veille de l'assaut dont il était le seul avec le capitaine Picon et le GIGN a en être informé.
J'ai su par le Capitaine que ces armes avaient servi quatre fois pour repousser les canaques qui tentaient toujours de les récupérer. Les tirs n'ont blessé personne, car ce n'étaient que des tirs purement défensifs.

Puis commence l'assaut...
Le signal de départ pour l'assaut était le tir simultané pour neutraliser le canaque qui tenait les deux gendarmes pris comme bouclier humain à l'entrée de la grotte. Ils n'étaient pas descendus avec les autres otages et entravaient notre assaut. Les deux tireurs dans la même fraction de seconde tiraient et le canaque s'effondrait. Les gendarmes comprenaient tout de suite qu'ils étaient libres, mais qu'il fallait surtout qu'ils dégagent très vite. Ils dévalèrent la pente qui menait à l'entrée et nous ouvrirent ainsi l'espace pour agir. Aussitôt le lance flamme crachait sur le bas de la grotte, accompagné également par un jet de grenades. Les canaques impressionnés par la violence de l'action descendaient pour la plupart dans la deuxième partie de la grotte. Nous bondissions tous ensemble de nos postes d'attente en rafalant avec nos armes automatiques sur l'entrée de la grotte. Il ne fallait par leur laisser le temps de relever la tête. Le 11ème choc avançait tel un rouleau compresseur et remplissait parfaitement son rôle. Tout explosait devant nous et il fallait faire attention de ne pas tirer sur des camarades. On était si proche les uns des autres. Dans son livre, Michel Bernard du GIGN décrit très bien cette scène.
Enfin nous voilà à la grotte et comme prévu le 11ème choc bifurquait à droite. Nous, on
déposait nos armes automatiques qui n'étaient plus utiles dans la grotte en raison de la présence des otages et on prenait donc nos armes de poing.
Puis on a commencé à balancer nos grenades dans la première partie de la grotte. On savait que les otages étaient dans la deuxième partie de la grotte. Le grand Michel Bernard tombait dans les bras de ses camarades, car une grenade mal ajustée explosait à ses pieds.
Le gendarme Pustelnick entrait le premier en tirant à l'intérieur pour couvrir son entrée. Je frappais sur l'épaule du second qui suivait et ainsi de suite jusqu'à ce que tout le petit groupe soit à l'intérieur.
Je n'avais même pas eu le temps de regarder par terre, j'étais tellement préoccupé par les failles des parois rocheuses de cette grotte qui pouvaient nous réserver des surprises! Un kanak pouvait à tout moment nous descendre, car nous étions simplement agenouillés sur la partie gauche de la grotte.
Et enfin quand le calme était revenu, je me rendais compte que j'étais sur le kanak qui tenait juste avant l'assaut les deux gendarmes en bouclier humain à l'entrée. Mon genou était dans son crâne. Il ne restait que les sourcils et la mâchoire inférieure. Le gendarme Marlière tout à coup me dit: « Michel regarde les rangers là devant, dans la faille». Un kanak était au bout , il n'avait pas eu le temps de descendre je pense. On en avait trouvé un deuxième après.
J'ai appelé Dianou et lui ai dit : «Rends toi Dianou, il y a eu assez de morts comme ça !!
Maintenant qu'on est là, je vais aller te chercher au fond».
La seule réponse c'était de vouloir nous déstabiliser en nous répondant: «C'est pas votre cause, vous allez mourir loin de vos familles...».
J'avais essayé aussi en utilisant ses compagnons qu'on avait fait prisonniers en leur demandant de répéter dans leur langage mon injonction de se rendre et surtout que j'allais aller jusqu'au bout pour sortir les otages.
Mais malheureusement rien à faire, il fallait donc que je passe à l'étape suivante qui consistait à utiliser les gaz lacrymogènes.
Il ne nous était pas possible de descendre sans affaiblir la position des kanaks qui étaient bien postés dans les failles. Créer un écran de fumée pour affaiblir leur vision avec ce gaz que je connaissais bien. D'autant plus que pour descendre, ils nous fallait utiliser les lianes ou des cordes.
La première grenade je l'avais lancé en bras roulé sans trop m'exposer, car contrairement aux dires du kanak qu'on avait fait prisonnier, ils n'étaient pas 7 ou 8, mais 17, je crois.
Donc ils n'attendaient qu'à voir ma tête et j'y tenais quand même. Comme m'avait dit le Capitaine Picon : “Tu avais raté la première qui n'était pas descendue au fond et j'ai eu peur qu'elle manque son objectif!”.
Il m'avait avoué aussi qu'après le premier assaut raté, ils étaient désespérés, car pour eux, c'était l'enfer. Ils pensaient déjà à se débarrasser de leurs armes qui ne serviraient plus à rien (plus que trois balles par pistolet). Ils s'en étaient servis pour dissuader les kanaks quand ils ont voulu les récupérer pour les placer en bouclier humain .
J'étais si content d'entendre ta “grande gueule”. Je pensais qu'on était abandonné après tout ce qui avait été fait. Mais j'avais compris à ce moment là, que tu allais tout faire pour nous sortir de ce mauvais pas.
Et bien oui!!! je me replaçais et j' ajustais la deuxième grenade en plein milieu, car le rideau de fumée qui commençait à monter me masquait.
Je précise quand même qu'on avait les masques à gaz, ce qui était un avantage sur les kanaks.
Et très vite, les effets du gaz commençaient à agir, mais pas du coté que je pensais.
Le gendarme Raitière venait vers moi et s'exclamait: «Michel!! Picon et Guilloteau sont sortis par une cheminée derrière nous!».
C'était ceux qui ne supportaient pas du tout les gaz. Comme me l'avait avoué Picon, je préfère risquer ma vie que d'affronter ce lacrymogène et ce fut une bonne chose pour nous. Je réalisais immédiatement que c'était une chance inespérée et qu'il fallait que je la saisisse. Les otages pouvaient donc ne pas être mélangés aux preneurs d'otages! Comme on le dit, la chance sourit aux audacieux et heureusement qu'elle était là pour nous ce jour là.
Je quittais ma position et lui demandais de venir avec moi pour situer cette cheminée. Les deux otages trop contents d'être sortis, étaient déjà loin. Ils avaient tellement eu peur que pour eux, c'était fini et c'était tout à fait humain. Avant de partir, je mettais bien en garde le reste du groupe d'être vigilant, car l'effet du gaz était maintenant imminent, mais toujours pas de signe de reddition de la part des preneurs d'otages.
Très vite on arrivait devant l'entrée de la cheminée et sans perdre de temps nous commencions la progression l'arme dans la main droite et la lampe torche dans l'autre. Je ne peux pas dire la distance parcourue, mais à un moment je comprenais qu'on était arrivé au bout. La grotte était en contre bas à 1,50m environ. Je prenais le risque de les appeler en éclairant avec ma lampe. Et là , c'était l'angoisse, car on ne savait pas qui allait se présenter et bien qu'ayant les armes en main, on avait peu de chance de tirer les premiers car il faisait noir dans la grotte.
On avait dû attendre un moment avant de voir se tendre les premières mains. En fait, je l'ai su après, ils avaient eu peur d'un piège des kanaks. Et là, quelle joie pour nous d'avoir libéré nos compagnons des entrailles de la terre et de pouvoir les retrouver et les serrer dans nos bras à l'extérieur à l'air libre et libérés enfin.
Certains étaient en pleurs, car l'émotion était très forte. Le Général, très vite sur les lieux me dit : «Bravo chef Michel, quel beau travail!». J'ai été étonné de voir également le Capitaine Legorjus sur les lieux accueillir les otages et discuter avec eux.

Parmi les gendarmes, il y en avait pour qui c'était le baptême du feu?
Non, si ce n'est le Lieutenant Thimoté qui n'était pas assez expérimenté en intervention. C'est un officier de très grande qualité, mais qui venait tout juste d'être breveté. Il avait été plongé dans une galère. J'ai eu l'occasion de le revoir souvent et il n'avait pas hésité devant le Général lors d'un sympathique repas à reconnaître le travail qu'on avait effectué pour libérer les otages en me tendant la main pour me féliciter. Alors que sur le terrain, on n'était pas tout à fait sur la même longueur d'onde. Il est vrai, qu'il avait dû quitter assez vite le terrain, car sa blessure était quand même très grave. J'avais une équipe de solides sur laquelle je pouvais compter et réciproquement, et ils le savaient. C'est pour ça qu'ensemble on a réussi.

Après l'opération, on t'a fait des reproches?
Oui je suis passé devant un tribunal militaire qui m'a questionné sur des exactions qui auraient été commises sur le terrain. Mais je le dis encore une fois, j'étais trop concentré sur ma mission spécifique et je ne sais pas ce qui se passait ailleurs. J'en ai entendu parler comme beaucoup, mais je n'ai rien vu.
En conclusion, ils m'ont demandé, comment je voyais cette affaire. Je leur ai dit que j'étais fier du travail effectué par le GIGN sans oublier ceux qui m'avaient accompagné (je pense aux commandos Hubert, au 11ème choc et à l' EPIGN). 22 otages étaient libérés sans un mort dans mon équipe d'assaut, ni parmi les otages. Oui mais 19 à 2, ça fait beaucoup m'ont ils répondu! Ils me parlaient des morts. Je leur ai rappelé qu'ils avaient oublié les quatre morts lors de la prise de la brigade au tout début.
Autrement après la sortie des otages, on m'a dit qu'on n'avait pas «nettoyé» la grotte. En réalité, le plus important était d'avoir sorti tous les otages. Je ne voyais pas l'intérêt de prendre encore des risques inutiles. Il y avait eu assez de dégâts je pense.

Après l'assaut, il y a une polémique sur les circonstances de la mort de certains preneurs d'otages ?
Oui notamment la mort d'Alphonse Dianou le chef, qui a été touché par balle à la cuisse et qui est mort parait-il à cause de mauvais traitements pendant son évacuation de Saint Joseph. On m' a demandé comment il avait été blessé. J'étais mal placé pour le savoir, mais vu le cafouillage à la sortie, j' ai appris que c'était dans l'action et je leur fais confiance.
Avant de partir dans la cheminée, je leur ai quand même bien dit de rester très vigilant car je le précise encore, ils ne voulaient pas se rendre.

Très vite, cette “affaire d'Ouvéa” fait l'objet de plusieurs livres?
Oui, il y a d'abord Les mystères d'Ouvéa sorti fin 1988. Plusieurs personnes ont écrit un mot sur un exemplaire du livre dédié à ma mère comme ceux qui étaient avec moi à l'assaut et ceux qui étaient dans la grotte ou encore le général Vidal, le préfet Prouteau et le Capitaine Legorjus... Ce livre représente beaucoup pour moi, car les témoignages ont marqué ma mère tellement ils étaient émouvants et réalistes. Je remercie encore toutes les personnes qui me l'ont dédicacé. C'était pour moi la plus belle des récompenses. Je n'oublie pas bien sur les regards pleins de gratitude et de reconnaissance de mes camarades qui m'ont accompagné dans l'assaut et ceux qui ont été libérés. Je reconnais qu'on m'a demandé souvent la raison pour laquelle je n'écrivais pas un livre sur cette affaire d'Ouvéa. Et bien je suis très occupé et l'écriture, c'est pas mon point fort. Pour ce témoignage, j'ai fait un très gros effort!
Et maintenant, un film est en cours de réalisation, l'ordre et la morale de Matthieu Kassovitz.
Je suis curieux de voir ce film, car je pense que le Capitaine Legorjus n'a pas assumé son rôle sur le terrain. Il aurait dû obéir au Général Vidal qui était son patron et être à la tête de ses hommes sur le terrain. Je pense qu'il n' a pas voulu en assumer les risques et les responsabilités. Les officiers du 11ème choc et du commando Hubert étaient bien là, eux, et je les en remercie encore. Suite à cette affaire, il a d'ailleurs perdu sa crédibilité au GlGN, qu'il a quitté peu après. Dans ce film, je pense qu'il cherchera à rattraper la mauvaise image qu'il a pu laisser dans cette prise d'otages.
La politique, j'en étais bien loin. Moi je voyais surtout mes camarades souffrir et comme l'assaut était décidé, il fallait y aller, car la négociation ne nous a amenés qu'à avoir des otages en plus. Je n'étais qu'un opérationnel et le reste, je le laisse aux spécialistes.
Le réalisateur du film Mathieu Kassovitz, je l'ai rencontré, car il voulait me connaître pour mon action menée sur le terrain. J'ai été surpris par toutes ses connaissances de l'affaire. On a beaucoup discuté et il m' a dit qu'il aurait maintenant une autre vision du travail du GlGN sur le terrain. Je lui ai appris plein de choses. Et en revanche, c'est lui qui m' a appris que j'avais été dans la visée d'un kanak et que c'est le preneur d'otages Levallois qui m'a sauvé la vie.
Au départ, je n'étais pas favorable à cette rencontre que je ne regrette pas maintenant. Donc j'attends de voir, tout en étant très sceptique.

Et le GIGN aujourd'hui, comment tu le vois?
Je sais qu'actuellement il y a beaucoup d'officiers au groupe d'intervention. Nous à l'époque, c'était des sous officiers qui étaient chef de groupe et on était vraiment très proche des hommes avec qui on partageait les entraînements. C'était un point très positif, car en opération, on connaissait vraiment les possibilités de chacun et aussi les faiblesses.
Et en plus, au delà du grade, il me paraît indispensable qu'il y ait un esprit très fort de solidarité en opération. Le Général VIDAL m'appelait bien chef Michel ou le gros Michel plus tard dans son livre.
Ce qui est important dans une telle unité pour le chef, c'est de gagner la confiance de ses hommes dans l'action, en étant capable d'être devant avec eux et surtout dans les moments les plus durs
Donc je souhaite que les officiers qui commandent leurs groupes atteignent les mêmes objectifs pour être les plus performants possible.
Mais je ressens quand même que cette restructuration si elle était nécessaire, change un peu les esprits des hommes opérationnels. Déjà si tout le monde est GlGN au moment de la reconversion et il y aura forcément moins de place pour les opérationnels.
Mais je souhaite de tout cœur que le GIGN conserve toute sa place et sa réputation dans cette nouvelle structure, car cette unité le mérite vraiment.

Adjudant-Chef Michel Lefevre

8 Re: L'Ordre et la Morale le Dim 20 Nov 2011 - 21:19

muru70

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Matelot breveté
Matelot breveté

Merci mon ami, je vais lire tout ça,
amitiés,

9 Re: L'Ordre et la Morale le Dim 20 Nov 2011 - 21:56

LOIGEROT/JACKSON


Major
Major
Ce film de gauchiste rempli d'inepties et une honte envers nos camarades qui se sont battus sur le terrain ,on est plusieurs sur ce forum à en connaitre, a avoir travaillé eux et personnellement (et je pense que les autres sont d'accord avec moi)je ne les vois pas mettre une balle dans la tête des kanaks(comme ce réalisateur veut nous le faire croire) pour le plaisir de faire un carton, si ce n'est que pour se défendre.
STICKERS a plus que raison à boycotter,à mettre le feu sur les affiches et .......... .......
....... et ........ .... et ..... je ne l'écris pas car je ne veux pas que qu'on nous ferme le forum.

10 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 6:00

muru70

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Matelot breveté
Matelot breveté

Bon ! je suis allé voir ce film de gauche, je ne savais pas, j'aurais du demander la permission à ceux qui "savent", je ne commenterai plus ce post je vous lirai...

11 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 6:20

Bruno

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Admin
LOIGEROT/JACKSON a écrit:Ce film de gauchiste rempli d'inepties et une honte envers nos camarades qui se sont battus sur le terrain ,on est plusieurs sur ce forum à en connaitre, a avoir travaillé eux et personnellement (et je pense que les autres sont d'accord avec moi)je ne les vois pas mettre une balle dans la tête des kanaks(comme ce réalisateur veut nous le faire croire) pour le plaisir de faire un carton, si ce n'est que pour se défendre.
STICKERS a plus que raison à boycotter,à mettre le feu sur les affiches et .......... .......
....... et ........ .... et ..... je ne l'écris pas car je ne veux pas que qu'on nous ferme le forum.



Faut se calmer,tu vas faire monter la tension


_________________


Merci de ta visite Invité Wink

Le Troll vous salue bien !
EV du 27/05/69 Mle 056910625 Hourtin, École des Fus cours Fournier BE 137, stage commando, stage para n° Brevet 294243,incorpo à Trépel le 15/01/70 2ème section, PA Arromanches et PA Clemenceau, La Bidassoa et autres fonds plats comme touriste, puis embarquement sur le CDF Cassard le 21/07/71.

12 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 7:02

muru70

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Matelot breveté

Ok Bruno, reçu, on n'en parle plus.

13 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 18:40

kanail

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Dernière édition par kanail le Mer 23 Nov 2011 - 17:57, édité 1 fois

14 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 19:26

LOIGEROT/JACKSON


Major
Major
Merci BRUNO tu m'as fait rire avec ton expression.
Muru 70 ce n'est pas mais alors pas du tout après toi que je râle en plus entre presque voisin( j'ai habiter troyes 20 ans c'est un peux l'Est) tu peux aller voir les films que tu veux c'est ton choix.

15 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 19:35

gregsav56

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Patron
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je l ai vu, , cela permets de donner un peu l ambiance, mais depuis 16h30 ce jour apres ma séance de ciné, je suis sur le net pour mettre en evidence toutes les inepties de Mr Kassovitz et surtout l ex fusilier marin, capitaine du GIGN Mr Legorjus

16 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 19:36

papa


Capitaine de Corvette
Capitaine de Corvette
moi j ai ete le voir et j ai bien aimer apres le jugement ?????????

17 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 20:25

gregsav56

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18 Re: L'Ordre et la Morale le Lun 21 Nov 2011 - 21:06

papa


Capitaine de Corvette
Capitaine de Corvette
quelle chaine

19 Re: L'Ordre et la Morale le Mar 22 Nov 2011 - 7:12

gregsav56

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france 3 c est en rediff

20 Re: L'Ordre et la Morale le Mar 22 Nov 2011 - 18:33

ALAIN29

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Maistrancier
Maistrancier
bom comment Économiser une place de cinéma.

21 Re: L'Ordre et la Morale le Mar 22 Nov 2011 - 19:09

papa


Capitaine de Corvette
Capitaine de Corvette
en se cachant des les wc entre 2 films lol

22 Re: L'Ordre et la Morale le Mar 22 Nov 2011 - 19:59

Bruno

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Admin
ou en achetant sur le net le droit de diffusion comme sur canal+ à la scéance,tu payes entre 3 et 5 euros pour toute la famille et en plus tu peux te l'enregistrer t'a payé les droits,par contre ne pas s'amuser à le diffuser au quartier


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Merci de ta visite Invité Wink

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23 Re: L'Ordre et la Morale le Mar 22 Nov 2011 - 21:39

giletvert


Quartier-Maître de 2ème classe
Quartier-Maître de 2ème classe
muru70 a écrit:
Bon ! je suis allé voir ce film de gauche, je ne savais pas, j'aurais du demander la permission à ceux qui "savent", je ne commenterai plus ce post je vous lirai...

oui il faut savoir que les "gauchistes" mangent les enfants, qu'ils se droguent tous et invoquent régulièrement satan dans de grandes cérémonies pendant lesquelles ils égorgents de jeunes vierges.

24 Re: L'Ordre et la Morale le Mar 22 Nov 2011 - 22:41

Invité


Invité
je ne comprends pas pourquoi il faut systematiquement se bouffer le foi avec des sujets à controverse.
on a le droit d'être pour ou contre un fait, on en explique les raisons ou on argumente point à la ligne.
d'autant que dans cette affaire d'Ouvéa les décisions ne venaient que de la "haute sphère" , les militaires n'ont fait qu'exécuter les ordres

25 Re: L'Ordre et la Morale le Mar 22 Nov 2011 - 22:53

papa


Capitaine de Corvette
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BIEN DIT SUNNY ma fille atterrit le 2 decembre et le fils debut janvier

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